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Les 5 meilleures pratiques au service du bien-être au travail

Les Millennials quittent des postes prestigieux et bien payés pour “des métiers qui ont du sens”. Des cadres supérieurs se lassent des voyages d’affaire, et rêvent de s’installer en province avec leur famille. Des employés se plaignent de ce que la vie de bureau leur manque, après quelques semaines en télétravail.

La somme de ces expériences suggère que le bien-être au travail n’a rien d’une évidence. A l’heure où les modes de travail sont bouleversés par la crise du coronavirus et où les DRH anticipent des séquelles de long terme sur la vie de l’entreprise, la question du bien-être au travail revient au centre du débat RH.

Le bien-être au travail n’est pas (seulement) une question de motivation

Certes, la polémique faisait déjà rage au sujet du bien-être en entreprise ; ou, plus exactement, au sujet de ses dernières évolutions. Les enjeux de la Santé-Sécurité au Travail avaient cédé la place à ceux de la motivation, puis du bonheur au travail. L’arrivée des Chief Happiness Officers et autres wellness programmes avait d’abord été considérée avec curiosité par les experts RH français, avant qu’ils ne dénoncent avec de plus en plus de conviction le dictat de “l’injonction au bonheur” au cours des dernières années.

Le bien-être en entreprise a également longtemps été défini par ses pathologies. Il a accompagné la reconnaissance de l’impact du stress au travail, et de sa manifestation la plus visible : le burn-out. Depuis, le bore-out et le brown-out sont également entrés dans le lexique RH.

Non pas un, mais des biens-êtres au travail

Au-delà des derniers débats de la presse business, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit le bien-être au travail comme « un état d’esprit caractérisé par une harmonie satisfaisante entre d’un côté les aptitudes, les besoins et les aspirations du travailleur, et de l’autre les contraintes et les possibilités du milieu de travail ».

Cette définition complexe se décline en 3 aspects du bien-être au travail :

  • le bien-être physique, lié à la santé et à la sécurité, mais aussi aux conditions de travail : aménagement du bureau et des locaux, localisation et conditions d’accès au lieu de travail, organisation de l’emploi du temps, mise à disposition d’outils adaptés…
  • le bien-être psychologique, qui découle largement de l’intérêt et de l’accessibilité des tâches à accomplir ;
  • et le bien-être émotionnel, qui recouvre autant la vie sociale entre collègues que la satisfaction des valeurs éthiques – l’une des clés du sentiment d’accomplissement professionnel.

L’employé doit atteindre un niveau de satisfaction raisonnable dans chacun de ces trois domaines pour pleinement investir sa vie professionnelle.

Portrait-robot du collaborateur à l’aise au bureau

N’est pas salarié joyeux qui veut ! Contrairement à certains clichés, ce ne sont pas nécessairement les managers de grands groupes, soumis à de multiples pressions, ni les travailleurs à mi-temps qui se déclarent les plus à l’aise dans leur travail. Une étude réalisée par OpinionWay en 2018 auprès de 1 014 salariés et chefs d’entreprise français dressait le portrait-robot du collaborateur heureux. Il s’agit :

  • d’un homme, plutôt que d’une femme qui peine toujours à concilier carrière et vie privée ;
  • dans un poste de cadre ou d’expert ;
  • et employé à plein temps par une TPE ou PME. 

L’étude listait également, parmi les principales clés du bien-être en entreprise :

  • une ambiance de travail bienveillante, pour 29 % des répondants ;
  • un bon équilibre entre vies privées et professionnelles (21 %) ;
  • une rémunération attractive (seulement 18 %) ;
  • des missions variées et stimulantes (16 %) ;
  • la reconnaissance du travail effectué (13 %) ;
  • l’égalité et le respect entre les salariés (11 %).

Ces motifs de satisfaction sont, certes à des degrés divers, autant de leviers d’action que l’entreprise peut mettre au service du bien-être de ses salariés.

L’employeur, responsable légal du bien-être au travail

Contrairement à la notion extrêmement vague et culpabilisante de “bonheur au travail”, le bien-être en entreprise peut se décliner en une politique pragmatique et réalisable. Et c’est bien pour cette raison qu’il fait partie des obligations légales des employeurs.

En droit français, c’est l’article L4121-1 du Code du travail qui fait référence en matière de bien-être en entreprise. Il l’évoque en complément de la santé-sécurité au travail (SST) :

L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. 

Ces mesures comprennent :

1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l’article L. 4161-1 ;

2° Des actions d’information et de formation ;

3° La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.

D’un point de vue pratique, l’employeur a l’obligation d’adapter les mesures aux circonstances. C’est de cette exigence que découle, par exemple, le fameux droit à la déconnexion.

En revanche, contrairement à l’injonction du “bonheur au travail”, l’employeur a une obligation de moyens – mais pas de résultats. Il ne lui appartient que de créer des conditions de travail permettant à ses employés de s’épanouir dans leur environnement professionnel.

Au-delà de la conformité juridique, cette obligation est à la base d’une marque employeur de qualité. De lourdes attentes pèsent sur les employeurs en la matière. D’après un sondage Ifop 2020, 82 % des salariés rendent leur entreprise “responsable de leur bonheur”, et 77 % rêvent d’une entreprise qui les associerait aux décisions stratégiques sur un modèle “démocratique”.

Bien-être au travail : 5 bonnes pratiques applicables par toutes les entreprises

Le bien-être au travail se décline en une politique RH pragmatique et data-driven. Il n’y a pas de recette magique : les meilleures pratiques découlent du bon sens. Ce sont les mêmes qui font les stratégies de marketing RH fructueuses. Elles reposent sur une optimisation de l’expérience collaborateur.

Les bases d’une bonne politique de bien-être au travail

L’INRS n’hésite pas à présenter le bien-être en entreprise comme “une politique SST proactive”. Et comme une politique SST, elle doit être construite sur une évaluation préalable de la situation sur le terrain. Deux outils SST sont transférables à la politique de bien-être au travail :

  • le questionnaire SATIN : conçu pour les PME et grandes entreprises, il facilite un audit des facteurs de risques psycho-sociaux (RPS) présents dans l’environnement de travail ;
  • et l’intervention d’experts spécialisés qui évaluent la situation à travers des entretiens individuels – une démarche plus adaptée aux entreprises de moins de 50 employés.

Attention : la réalisation d’un audit ne passera pas inaperçue auprès des salariés. Les entreprises qui s’engagent dans la démarche doivent être prêtes à prendre les mesures nécessaires pour remédier aux RPS détectés.

Optimiser l’environnement de travail

Que l’on parle de santé-sécurité au travail ou de bien-être en entreprise, on pense immédiatement à un travail de fond sur le cadre de vie des employés. C’est sûrement la raison pour laquelle, au-delà de la gestion des risques, le bien-être au travail a souvent été réduit à un aménagement “ludique” mais superficiel du lieu de travail. 

Mais il ne suffit malheureusement pas d’installer un baby foot à la cafétéria pour rendre les salariés heureux. Mieux vaut creuser du côté de l’accessibilité des bureaux, en proposant des moyens de transport à prix réduits et/ou plus écologiques aux employés ; ou encore améliorer l’aménagement des espaces de détente et de travail en équipe, tout en proposant du flex office

Certains coeurs de métier se prêtent plus que d’autres à l’exercice. Nike renforce ainsi sa marque employeur en proposant des équipements sportifs de pointe aux employés de ses campus américains.

La maison-mère et le siège de Nike à Beaverton, Oregon

La maison-mère et le siège de Nike à Beaverton, Oregon

Des entreprises se sont spécialisées dans des services de Qualité de Vie au Travail. C’est le cas d’ActivCorner, qui accompagne les entreprises à travers des leviers de sport, de bien-être et de cohésion.

Cette start-up propose des solutions flexibles qui facilitent autant l’activité individuelle que collective. Leur ambition : engager les salariés, améliorer leur santé, créer du lien et du bien-être pour booster leur performance. Cela passe par du coaching de sport, des session de bien-être, des animations, du team-building ou encore la création d’espaces de sport et de bien-être.

(Re)donner du sens au travail

L’ambiance au travail, la culture de l’entreprise, la vie sociale entre collègues, mais aussi le sens du travail et la satisfaction des aspirations éthiques des employés, sont autant de facteurs qui figurent en tête des sondages sur le bien-être au travail. Donner du sens au travail des collaborateurs passera donc par une double action :

  • Orienter les activités vers le bien commun, grâce à une stratégie de Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) dynamique. Presque tous les coeurs de métier peuvent être mis au service d’une cause sociale ou environnementale. Mais il est aussi possible d’accorder aux employés des ressources (financement, temps de travail…) qu’ils puissent investir dans une cause qui leur tient à coeur. Le groupe bancaire Wells Fargo a choisi les deux options : il fait don d’1,5 % de ses revenus annuels à des ONGs, et offre à ses employés deux journées par an où ils peuvent agir pour une association, tout en continuant d’être payés.
Nombre d’entre eux consacrent ces journées de volontariat à Habitat For Humanity, l’une des ONGs soutenues par Wells Fargo

Nombre d’entre eux consacrent ces journées de volontariat à Habitat For Humanity, l’une des ONGs soutenues par Wells Fargo

  • Construire une culture d’entreprise productive et inspirante. Il s’agit d’un travail de fond, que l’on fait généralement reposer sur la Direction et les cadres. Mais mieux vaudrait, au contraire, solliciter davantage les employés. Le travail en équipe – à commencer par le recrutement collaboratif – est un excellent outil de teambuilding.

Dans les deux cas, l’implication des équipes dans les décisions stratégiques contribue largement à leur adoption, même si elles ont des conséquences négatives.

Évaluer et suivre la satisfaction au travail

Le bien-être au travail ne doit plus se résumer à un saupoudrage de mesures inspirantes et limitées au marketing RH. Pour inscrire l’effort dans la durée et dans la stratégie RH data driven, ses résultats doivent faire l’objet d’une évaluation et d’un suivi rigoureux

Les cabinets de conseil spécialisés recommandent d’ajouter des indicateurs dédiés au tableau de bord stratégique de l’entreprise. Il peut s’agir par exemple d’un questionnaire de satisfaction trimestriel, assorti de données RH telles que les taux de turn-over et d’absentéisme.

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