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Chasseur de tête : le guide métier

Sous le terme de « chasseur de tête » se cache un métier mystérieux pour beaucoup d’entre nous.

Ce spécialiste du recrutement, mandaté par une entreprise, travaille dans l’ombre pour trouver les meilleurs candidats.

Il doit faire preuve de ténacité pour trouver des profils de haut niveau. Ses compétences techniques sont indispensables pour faire d’Internet un véritable terrain d’investigation et ses qualités humaines lui permettront d’accomplir sa mission efficacement.

Bien que les chasseurs de tête se fassent rares en France, ce rôle est amené à se développer au vu de la nécessité des entreprises de trouver les meilleurs talents pour s’adapter aux évolutions rapides de leur secteur d’activité.

Pleins feux sur ce métier hors du commun.

Qu’est-ce qu’un chasseur de tête ?

Le chasseur de tête est un véritable détective du recrutement ! Son rôle est de trouver des profils d’experts pour le compte d’une entreprise cliente.

Les candidats potentiels étant rares, il est en recherche perpétuelle de talents.

Le chasseur de tête est souvent spécialisé dans un domaine sur lequel il effectue une veille permanente. Sa spécialisation peut se porter sur la santé, l’aéronautique, les nanotechnologies, la finance, etc. Ainsi, il doit créer et développer un carnet d’adresses qui facilitera l’approche des professionnels.

Mais le chasseur de tête doit également être un bon connaisseur d’Internet, des outils digitaux et des réseaux sociaux qui l’aideront à dénicher le profil idéal.

Si le chasseur de tête est un investigateur, c’est également un redoutable négociateur ! Il doit trouver les meilleurs arguments pour convaincre le candidat potentiel (souvent déjà en poste) de travailler dans une autre entreprise !

Ses recherches s’effectuent parfois à l’international.

Où exerce-t-il ?

Le chasseur de tête peut exercer au sein de différentes organisations.

Au sein d’un cabinet de recrutement externe, le chasseur de tête travaille en collaboration avec le service ressources humaines d’une entreprise.

Dans un cabinet de conseil spécialisé dans le recrutement, il travaille souvent pour des grands comptes.

Mais le chasseur de tête peut également exercer son activité en freelance ! Il s’appuie alors sur son réseau et son expertise pour rechercher des profils rares.

Chasseur de tête et recruteur : des métiers identiques ?

Les profils recherchés

Le chasseur de tête et le recruteur se distinguent principalement par les profils recherchés.

Le recruteur cherche souvent à combler de nombreuses demandes de recrutement. D’ailleurs, il travaille souvent sur plusieurs profils à la fois.

Au contraire, le chasseur de tête concentre son énergie sur un nombre limité de postes à combler. Il faut dire que sa recherche est longue. Elle dure souvent plusieurs semaines, voire même plusieurs mois dans certains cas.

De plus, le recruteur recherche souvent des profils variés, en matière de compétences et de niveau d’expertise.

Le chasseur de tête, quant à lui, est souvent spécialisé dans un secteur d’activité ou un domaine. Sa recherche concerne des profils rares et de haut niveau, à tel point qu’il doit parfois chercher des candidats en dehors des frontières.

Des similarités et des différences de méthodologie

Si les recruteurs utilisent des méthodes « classiques » comme la diffusion d’offres d’emploi, la démarche des chasseurs de tête est plus directe.

Ils vont en effet approcher proactivement les professionnels. Les profils sollicités ont des compétences précises et possèdent un niveau important d’expertise, ils sont donc déjà en poste dans une grande majorité des cas. Le rôle des chasseurs de tête est alors de « débaucher » des salariés déjà en poste, en quelque sorte !

D’autre part, les recruteurs des agences de recrutement ont souvent des relations privilégiées avec leurs clients. Ces derniers les sollicitent souvent pour des besoins variés, notamment lorsqu’une partie du recrutement est externalisé. Les recruteurs ont alors une connaissance importante de la culture de l’entreprise et des processus propres à l’organisation.

Les profils recherchés par le chasseur de tête étant très spécialisés et pointus, l’entreprise client va faire plus rarement appel à lui.

Malgré quelques différences, on note que recruteurs et chasseurs de tête sont tous deux des spécialistes du sourcing.

Le fil conducteur : les relations humaines

Si le recruteur et le chasseur de tête sont des métiers différents, ils ont un point commun : les relations humaines.

Les outils digitaux ont une place importante dans leur quotidien, mais la dimension humaine est un facteur essentiel de leur réussite.

Ils doivent se montrer flexibles et habiles dans leur rôle d’intermédiaire entre l’entreprise cliente et les candidats.

L’aisance en communication orale et écrite ainsi que leur capacité à créer des relations de confiance sont déterminantes dans leur succès.

Quelle est l’approche du chasseur de tête ?

1. La définition du candidat persona

Avant de commencer les recherches, le chasseur de tête doit analyser la demande de recrutement. Cela lui sert à déterminer le profil du candidat persona, c’est-à-dire, le candidat idéal.

S’il doit bien sûr identifier les compétences de savoir-faire et de savoir-être, il va plus loin dans son analyse.

Il doit pouvoir obtenir une image globale pour orienter ses recherches. Ainsi, il détermine ses centres d’intérêt, ce qu’il attend du poste, sur quels réseaux sociaux il se trouve, etc.

2. La recherche de candidats

Une fois le candidat persona défini, le chasseur de tête part à la recherche de profils adéquats. Pour cela, il utilise son réseau personnel, mais aussi des méthodes de sourcing comme la recherche booléenne, c’est-à-dire, les termes qui permettent d’affiner une requête sur un moteur de recherche.

Les réseaux sociaux comme Linkedin, Twitter ou encore, Facebook, sont des outils précieux pour l’aider dans sa recherche.

Si la recherche de candidats est souvent digitale, les méthodes classiques de sourcing fonctionnent aussi très bien ! Les salons professionnels sont des lieux d’échanges et permettent parfois de rencontrer des professionnels intéressants. La cooptation est également un bon moyen de trouver des profils d’experts.

3. L’approche et la prise de contact des candidats potentiels

Une fois l’identification des profils faite par le chasseur de tête, vient la phase importante de l’approche et de la prise de contact.

On qualifie cette technique d’approche directe.

Les profils recherchés sont généralement rares et habitués aux sollicitations de recrutement. L’objectif est alors de faire bonne impression ! Le chasseur de tête doit se montrer convaincant et surtout, mettre en place une relation de confiance. La communication peut se faire par e-mail, par téléphone ou via les réseaux sociaux.

Si le professionnel est particulièrement difficile à contacter, le chasseur de tête peut parfois aller jusqu’à l’appeler sur son lieu de travail, en toute discrétion et confidentialité bien sûr !

Il est important de se rappeler que les professionnels contactés ne sont pas nécessairement en recherche d’un nouveau poste. Ainsi, le chasseur de tête doit réfléchir à son approche pour éveiller la curiosité du professionnel et le convaincre d’être représenté auprès de l’entreprise cliente. Pour cela, il met en avant la description de poste et les différents avantages à rejoindre l’organisation.

Il s’agit de trouver le bon discours pour convaincre les candidats potentiels.

4. L’évaluation du profil

Le chasseur de tête doit trouver les meilleurs profils pour un poste donné. Ainsi, il évalue le candidat tout au long du processus. 

L’évaluation est réalisée par le biais d’échanges téléphoniques, de rencontres, voire de tests de recrutement

Le chasseur de tête juge si le professionnel possède les compétences nécessaires au poste, aussi bien au niveau du savoir-être que du savoir-faire.

5. La mise en relation avec l’entreprise

Lorsque l’évaluation du candidat est positive et que le chasseur de tête obtient l’accord du candidat, il le présente à l’entreprise. S’il transmet bien évidemment le CV du professionnel, il envoie également un petit brief qui résume le parcours et les compétences, ainsi que toute information importante relevée durant les échanges.

Des points réguliers par téléphone et par e-mail seront faits pour s’assurer du bon déroulement du processus de recrutement. Cela permet également au chasseur de tête de pouvoir identifier d’éventuels problèmes ou obstacles le plus tôt possible, du côté du candidat et de l’entreprise.

6. Le suivi du candidat placé

Le candidat a accepté l’offre de l’entreprise. Bingo, le chasseur de tête a mené à bien sa mission !

Mais son travail ne s’arrête pas là. Il va rester en contact avec le candidat nouvellement placé, au moins jusqu’à la fin de la période d’essai. Le chasseur de tête reste un relai entre l’entreprise cliente et le candidat.

Les évolutions du métier

Si le métier de chasseur de tête existe depuis longtemps, il n’est pas épargné par la révolution technologique.

Ainsi, il doit savoir maîtriser les outils de sourcing et se tenir informé des évolutions digitales.

Selon une étude réalisée par le cabinet de consulting en outplacement Oasis, 72 % des chasseurs de tête pensent que le Big Data aura une incidence importante dans leur profession.

Dans un environnement économique et un marché de l’emploi toujours plus complexes, le chasseur de tête doit faire preuve de flexibilité et d’adaptabilité pour répondre efficacement aux demandes de ses clients.

Le contexte actuel de guerre des talents fait qu’il doit faire appel à sa créativité et son audace pour convaincre les meilleurs profils de postuler à un poste.

La digitalisation des RH et du recrutement rend indispensable la maîtrise des réseaux sociaux et professionnels, et notamment des méthodes de recherche et d’approche sur Linkedin. Si sa prise de contact est discrète, il doit prendre la parole en ligne afin de créer une communauté et augmenter sa visibilité. Une présence digitale forte permet également de développer son réseau, indispensable à sa profession, et d’asseoir sa crédibilité.

Il est important de mentionner que la technologie ne vient pas automatiser le travail du chasseur de tête. Il s’agit avant tout d’un métier de relations humaines.

D’autre part, la maîtrise de l’anglais est aujourd’hui indispensable dans un contexte de mondialisation. Il est aussi très utile de connaître les spécificités du marché du travail (secteur et pays) sur lequel il intervient.

Devenir chasseur de tête

Les compétences

Le chasseur de tête est un savant mélange entre un négociateur commercial et un spécialiste du recrutement.

Parmi les compétences qui lui seront utiles pour son métier, on retrouve :

  • Un fort sens de la négociation et de la conviction
  • Une bonne capacité d’expression orale et écrite
  • La discrétion
  • L’empathie
  • Une forte capacité d’adaptation
  • Une curiosité naturelle pour le monde de l’entreprise et du travail
  • Une aisance avec les outils digitaux

La formation

Une grande majorité des chasseurs de tête sont diplômés de l’enseignement supérieur.

Voici une sélection des meilleures formations pour s’orienter vers le métier de chasseur de tête :

  • Diplôme d’une école de commerce
  • MBA en management
  • Master en Ressources Humaines
  • Master en psychologie du travail
  • Master spécialisé : finance, informatique, chimie, etc.

Toutefois, on note que certains chasseurs de tête ne possèdent pas de formation spécifique. Une forte expérience en entreprise permet d’acquérir une parfaite connaissance d’un métier (marketing, achat, vente, comptabilité, …) ou d’un secteur d’activité (informatique, automobile, aéronautique, nanotechnologies, etc.). Ainsi, il peut y avoir une évolution vers un rôle de chasseur de tête.

À noter que ce métier n’est généralement pas accessible aux débutants.


L’activité de chasseur de tête mêle technologie et relations humaines. C’est un métier complexe qui demande une bonne maîtrise des outils digitaux, mais aussi des qualités de communication exceptionnelles. Si les évolutions technologiques et l’intelligence artificielle transforment la pratique de cette activité, elle ne peut pas être totalement automatisée.

L’expertise et la capacité de négociation et de conviction du chasseur de tête sont essentielles pour convaincre les meilleurs talents d’intégrer l’entreprise cliente.

Le recrutement est avant tout une aventure humaine !

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